Un moment de partage matinal à Sainte-Claire Vevey,
dans la cadre de l’exposition-installation
«L’AUTRE ? Rendre visible l’invisible ou Changer le monde avec S …»
Samedi 25 avril, 10h30 à l’église Sainte-Claire à Vevey
Rue du Collège – Rue Sainte-Claire
Ce qui se présente à nous nous parle.
On voit, on entend, on écoute, ou on n’écoute et on ne voit pas.
On le comprend, peut-être, partiellement, ou pas du tout.
Comme autrui, en ce qu’il nous ressemble, en ce qui nous distingue, nous rapproche ou nous éloigne et sépare. Nous sommes invités à nous comprendre et nous faire comprendre, à apprendre les langages des uns et des autres. À partir de là seulement pouvons-nous commencer à dialoguer, discuter, négocier, nous comprendre, trouver un terrain commun, être d’accord ou en désaccord les uns avec les autres.
Les arts sont des langages, comme les religions. À travers eux, l’autre se révèle, l’Autre aussi, celui que nous appelons Dieu, ou celle …
Lors du partage du 25 avril, entrons dans le langage que parle l’exposition-installation à Sainte-Claire, pour nous rapprocher, peut-être, de l’autre dans son altérité, afin qu’il, ou elle, nous devienne un peu plus proche, compréhensible, aimable. Les participants et participantes entre eux aussi.
Dis-moi, qui es-tu ? Afin que mon monde s’élargisse, un peu, peut-être. Et change en conséquence.
Bienvenue au dialogue.
Gratuit, sans inscription.
Déroulement
« Viens… et vois », dit Philippe à Nathanaël : Venez, entrez, regardez …
Soyez les bienvenus …
L’art comme langage… Herméneutique : comprendre (un discours)
Que voyez-vous ?… Partage L’herméneutique affective, spontanée, sensorielle
Qu’est-ce qui apparaît ?… Partage L’herméneutique phénoménologique (Heidegger, Gadamer)… Signes, symboles, sens
Avez-vous vu que ? L’enquête (Dewey) L’herméneutique méthodique (Ricoeur)… Grammaire
L’église
La chapelle et la nef
Photos, peintures et portraits
Croquis
Les mains, les produits (homo faber ; Arendt) et les artistes
… Imagination reproductrice, productrice, brisée et restauratrice (Ricoeur)
Le Jeudi saint, dans la tradition chrétienne, selon les évangiles selon Matthieu, Marc et Luc, renvoie au dernier repas que Jésus a partagé avec ses amis, avant la crucifixion du Vendredi saint. L’évangile selon Jean nous présente le lavement des pieds, Jésus qui se met au service des siens. Partage du même pain, un signe de l’universalité de la condition et de la dignité humaines, quelque soit l’origine et les situations de vie. Et celui en qui le christianisme reconnaît le Fils de Dieu, Dieu lui-même en une personne humaine, se met au service des « plus petits ».L’autre, et particulièrement le « plus petit », a la priorité. En lui, Dieu lui-même se reconnaît. L’autre est Autre, l’autre rend visible l’Autre. Le reconnaître coûte : Vendredi saint. Pourquoi ? Parce qu’il défie toute autorité. Le pouvoir se défend, l’écarte, voire l’élimine, en périodes totalitaires physiquement, sinon symboliquement. « Amentes sunt isti », disait René Descartes, la raison l’exclue, « Déments sont-ils ». Enfermement, dirait Michel Foucault (« La folie à l’âge classique »).
Jeudi saint à Sainte-Claire Vevey
L’histoire finit d’une manière tragique …
Vendredi saint
Quelle est la tragédie des Églises, de toutes les Églises ? De vouloir sauver Dieu, son honneur, sa toute-puissance. Vendredi saint, la croix, Dieu impuissant, Dieu qui se remet à Dieu, Dieu qui se remet à l’homme. Et celui-ci est impuissant, avec Dieu. L’homme, dans son impuissance, se retrouve en Dieu. L’ultime alliance. Et Pâques ? Le tombeau est vide, et ce qui suit, de nouveau, ne rien qu’une tentative de vouloir sauver Dieu. La résurrection ne nous appartient pas, elle est inscrite dans le mystère de Dieu dans son impuissance. Et dire que c’est la force dans la faiblesse est, encore une fois, une manière de vouloir sauver Dieu. La faiblesse dans la faiblesse est la réponse, la vraie, la solidarité dans la faiblesse, en Dieu, impuissant, mais présent. Présent dans et par sa faiblesse. Ma grâce te suffit. La grâce de la fragilité divine.
Vendredi saint à Sainte-Claire VeveyVendredi saint à Sainte-Claire VeveyVendredi saint à Sainte-Claire Vevey
Le vide n’est pas la question, il est la réponse. Sans faire du vide, parce qu’il y en a déjà assez, trop, dans notre monde, dans ma vie. C’est dans ce vide qui me précède que je dois chercher la réponse. Résurrection ? Comment habiter le vide, lui donner corps ?
Seigneur, dans ta faiblesse je peux me retrouver dans et avec ma faiblesse. Grâce te soit rendue. Amen
Samedi saint
Vide existentiel.
Absence.
Présence blessures, présence obstacle.
Foi suspendue.
Abandon et solitude.
Existentialisme.
Jetéité, jet-éité, je-téité.
Ou théologie naturelle.
Ou faire semblant.
Les magasins sont de nouveau ouverts.
Amen
Samedi saint à Sainte-Claire Vevey
Dimanche de Pâques
La pierre est roulée.
Le tombeau est vide.
Le vide est vide.
Plus d’obstacle.
Le non-événement est l’événement.
Réalité au-delà des apparitions.
Foi.
Habiter le vide.
Existentialisme croyant.
Y croire.
Être présent.
Je suis celui qui est présent.
Sans amen.
Pâques à Sainte-Claire Vevey
« Elle voit que la pierre a été enlevée du tombeau. »
« Il se penche et voit les bandelettes qui étaient posée là. »
« Il n’est pas ici … »
La résurrection du Christ ? Une évidence pour ceux et celles qui « voient ». « Il n’est pas ici, il vous précède en Galilée ». Sa présence dans le corps qui s’est formé, se forme et se transforme toujours par le témoignage en actes des croyants dans leur vie de tous les jours. Mais c’est un corps mystique qui ne se laisse pas définir, saisir et institutionnaliser : l’Église universelle. Au mieux les Églises concrètes et manifestes peuvent l’indiquer de loin, parfois fidèles, parfois infidèles au message qui leur est confié, ce trésor qui ne leur appartient pas, mais qu’elles sont chargées de gérer au nom de celui qui les dépasse. Il y passe parfois, comme un ange, comme il peut passer dans la vie de chacune et chacun, parfois aperçu, parfois inaperçu. Comme le vent. Inspirés sommes-nous parfois. Écoute.
Lectures quotidiennes, du Mercredi des Cendres jusqu’au Jeudi saint ; rencontres à l’église Sainte-Claire Vevey, les jeudis 26 février, 12 et 26 mars, 19h
Dimanche 2 novembre 2025, puis tout au long du mois de novembre
Notre monde est en souffrance. Des guerres, des violences, la haine, des injustices, des discriminations, des abus, des maltraitances, des exclusions, des calomnies, des persécutions, la pauvreté, la faim et les famines, des pollutions, des excès, tout ce que l’homme impose à l’homme, à toute autre créature et à la nature. Et ne parlons pas des catastrophes naturelles, des maladies, des handicaps et des peines dont l’origine nous échappe souvent.
La croix en est un signe universel.
Elle nous renvoie à l’essentiel, quelle que soit notre foi. Mystère, de la vie et de la mort.
Le christianisme protestant l’exprime à sa manière et le dimanche de la Réformation, le 2 novembre en cette année 2025, est une occasion d’y réfléchir.
Solus Christus – sola scriptura
Les principes ou fondamentaux de la Réformation protestante
(encyclopédie Wikipédia adaptée)
Christ seul (solus Christus) La foi n’est pas une œuvre, mais la communion avec Dieu en Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai homme.
La Bible seule (sola scriptura) La Bible (Ancien et Nouveau Testaments) est l’autorité souveraine en matière de foi et de vie.
La foi seule (sola fide) La foi naît de la rencontre de l’être humain avec Dieu.
La grâce seule (sola gratia) La grâce est l’amour gratuit de Dieu pour l’humanité, pleinement accompli et manifesté en Jésus-Christ. Indépendamment de ses mérites, l’être humain est déjà sauvé dans la foi en lui. Cette confiance de Dieu le rend responsable. Ainsi aimé, l’homme est apte à aimer son prochain.
À Dieu seul la gloire (soli Deo gloria) Rien n’est sacré ou absolu en dehors de Dieu unique et créateur.
Des Églises toujours à réformer (ecclesia semper reformanda) Les Églises rassemblent, par la prédication, le baptême et la cène, tous celles et ceux qui se reconnaissent dans le Dieu de Jésus-Christ. Elles ne servent pas d’intermédiaires entre les fidèles et Dieu (il n’y a pas de prêtres). Elles non plus ne sont ni sacrées ni absolues. Communautés humaines, elles évoluent sans cesse au rythme de l’humanité et doivent toujours se confronter à nouveau à la Parole de Dieu à travers leur lecture de la Bible.
Le sacerdoce universel des croyants La prêtrise du Christ est unique et non transmissible, sinon à tous. Chaque baptisé.e a sa propre place dans l’Église (selon ses dons ou charismes) ; la ou le pasteur.e (ou diacre) n’est pas un personnage au-dessus des autres, ni plus près de Dieu, mais celle ou celui à qui sa vocation et sa formation théologique permettent, au nom de la communauté, d’animer celle-ci par la Parole de Dieu. Le témoignage de la foi et de l’engagement dans le monde est donc la mission de tous les membres de l’Église.
« Qui n’est pas contre vous est pour vous. … Qui n’est pas avec moi est contre moi. »,
… deux énoncés de Jésus qui se retrouvent dans l’évangile selon Luc, chapitres 9 et 11, apparemment contradictoires, mais qui tracent les limites de la tolérance :
ce qui se fait à l’intérieur de la foi et des valeurs qu’elle défend est reçu ;
est récusé ce qui met en péril la foi, conteste son fondement, Jésus Christ lui-même.
Prenons une image : la démocratie supporte tout, sauf la mise en cause de la démocratie et de ses valeurs fondamentales.
Chasser les mauvais esprits, au nom du Christ, quelque soit notre foi, mais pas faire du Christ lui-même un mauvais esprit, donc casser tout lien possible avec lui. La chute.
Je peux être athée, mais pas diaboliser Dieu.
L’installation de Leah Linh nous renvoie au drame d’une rupture avec ce ou celui qui fonde notre foi et donne sens à notre vie. Ange ou démon, qui sommes-nous ?
Cependant, qu’est-ce que verriez-vous dans cette œuvre si titre il n’y avait pas ?
En ce début de l’année 2025 un tableau de l’artiste veveysan Armin Kressmann invite les visiteurs et visiteuses de l’église Sainte-Claire à méditer sur l’avenir, le sien et celui du tel qu’il est aujourd’hui. Il est accompagné d’une prière qui s’inscrit dans la tradition des psaumes bibliques :
Quelles couleurs, Seigneur, aura cette année 2025 ? Sombres ?
Sur fond blanc. Innocence. Ils meurent, les innocents.