Poésie, création. Art, articulation et harmonie, rite et passage. Changer. Changer de vision. Voir avec la main. Elle est œil qui touche. Elle voit, connaît, peut reconnaître et aimer. Connaître est aimer. La main crée, construit et fabrique. Elle imagine. Elle change le monde. Son regard est tendresse, son toucher caresse. Reconnaisse de soi-même en l’autre. Prendre est comprendre. Pour que son salut guérisse et dessine un monde meilleur, il faut qu’elle s’ouvre et regarde, offre et bénisse. La main, souffle créateur, souffle de vie. La main. Les mains. Quand je suis touché, je sais que je suis. Et qui je suis. Autrement, meilleur. Aimé. Reconnu. Connu. La main trace. Elle dessine ma vie. Je vois et je dessine, donc je suis. La main me dit ; j’existe. L’autre, qui est-il ? Un autre moi-même. Prise sans emprise. Conversion, face à Dieu. Visage d’autrui. L’autre un moi-même comme moi. Face de Dieu. Juste un toucher. Juste un regard. Brise, souffle, éphémère. Dans un corps qui lutte. La main. Toi. Touche ; pour que je sois touché. Vivant.
Au début, pas tout à fait, parce qu’avant tout commencement, il y a déjà une histoire …
Ici, c’est celle d’Élisabeth et Zacharie… et l’histoire de bien d’autres avant eux.
Jean, il jouera un rôle important, le lien, entre ceux qui était et ce qui sera.
Nous nous inscrivons toujours dans une histoire.
Nous sommes tous et toutes invités à faire le lien, un lien de paix.
Mais dans notre histoire, l’histoire commence avec Marie et Joseph.
Et ce début est déjà compliqué, comme est compliquée la vie de tous les couples, comme est compliquée toute histoire de famille.
Marie tombe enceinte et la paternité de l’enfant n’est pas claire.
Heureusement, un ange, – Gabriel, homme de Dieu -, arrange les choses.
C’est donc Dieu, son Esprit, qui arrange les choses ; Dieu assume lui-même.
Parce que, pour que l’enfant ne porte pas le poids de l’histoire de ses parents, toute maman doit être vierge, quoi qui lui arrive.
Dieu couvre l’histoire compliquée de nos familles.
Dans notre histoire, le politique s’en mêle aussi.
Sur ordre du pouvoir, d’Auguste, l’empereur de Rome, Joseph avec Marie, – qui est enceinte, n’oublions pas tous ces enfants qui sont exposés au turbulences de l’histoire des puissants -, de Nazareth le couple doit monter à Bethléem, à la maison du pain.
Parce que Joseph est de la famille de David … C’est une longue histoire de famille.
Nous, nous voulons les accompagner, Joseph et Marie …
Dans l’anonymat de la foule, il n’y a pas de lieu pour eux.
Dans la foule, quelle est ma place ?
Juste une étable, et une mangeoire, – un non-lieu ? -, pour le nouveau-né : Jésus.
« Emmanuel, Dieu parmi nous », c’est ainsi que le prophète l’avait annoncé.
Un bébé, Dieu parmi nous !
L’histoire se répand, un ange, – toujours les anges -, s’adresse aux gens les plus simples, à des bergers et leur troupeau ; pendant la nuit.
Un ange, des anges : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux et sur la terre paix ».
Allons donc à la maison du pain, à la maison de paix.
Et toujours la mangeoire ! Trois fois déjà.
De quoi se nourrir ?
Chants et louange.
Cependant, manque quelque chose, ou plutôt quelqu’un …
Les mages … Une autre histoire.
Une étoile …
Et l’âne et le bœuf ?
Épiphanie : dans notre vie, la tienne, la mienne, celle de toute créature,