Psaume 2026, devant la tragédie – Armin Kressmann (Crans-Montana)

Ton année, Seigneur ?

Mon Dieu !

Ta prière, notre Père, ne dit-elle pas : que ta volonté soit faite ?
Non, ce n’est pas ta volonté.
Tu es amour, disons-nous aussi.
Où est-il cet amour ?
Faut-il une tragédie, une telle tragédie, pour que cet amour se manifeste.
Dans l’amour des survivants ?
Non, blessure et mort ne manifestent pas amour.
Et l’amour des survivants pleurent, est en larmes.
Flots de larmes.
Amour manifeste ?
Malgré, disons-nous, malgré…
Comme si ce qui est advenu n’avait rien de toi, rien à faire avec toi.
Non, Seigneur, tu y es, pleinement.
Seigneur ? Non, Seigneur n’y étais-tu pas, tu ne serais pas mon Dieu, notre Dieu.
Mon Dieu.
Elle pleure. Elle.
Victime donc, victime avec les victimes, blessée avec les blessés, es-tu.
Es-tu encore ?
Et la mort ?
Abîme y a-t-il, abîme oui.
Silence.
Comment dire le silence ?
Parce que dire devons-nous, doivent-ils, et elles. Elles ! Mamans.
Dois-tu, peux-tu, devrais-tu, pour survivre, vivre.
Vivre. Es-tu ?
Nous ne pouvons pas le taire, nous taire.
Faire silence, peut-être, mais c’est un silence qui hurle.
Parole es-tu, disons-nous.
Alors paroles trouver devons-nous.
Te trouver, retrouver, le perdu, brûlé dans les flammes de l’inferno, devons-nous,
dans les cendres et la chair vive.

Mon Dieu !

Ton année ? Seigneur ?

Armin Kressmann 2026

Crans-Montana 2026, juste une prière – Sainte-Claire Vevey

Lien vers une méditation : « Les ténèbres couvrent la terre et un brouillard, les cités, mais sur toi le SEIGNEUR va se lever et sa gloire, sur toi, est en vue. »

Lien vers une autre prière ; Psaume 2026 (Armin Kressmann)

2026, ton année Seigneur ?

Tu es blessé aujourd’hui, Seigneur.

Tu l’es à chaque fois que quelqu’un est blessé par la vie, les drames, la violence, l’injustice, le mal et la mort. Nous te prions pour les jeunes et leurs familles touchés par la tragédie qui s’est passée tout au début de cette nouvelle année à Crans-Montana. Nous te prions pour toute personne en deuil. Toi, un village, un pays en deuil.

Tu prends soin, aujourd’hui, Seigneur.

Nous te prions pour ceux et celles qui soignent, pansent, accompagnent, les médecins et soignants, thérapeutes et autres travailleurs, travailleuses dans nos hôpitaux. Avec tes anges, nous rendons grâce aux anges qui vivent entre nous.

Tu gouvernes, aujourd’hui, Seigneur.

Nous te prions pour les politiciens, les magistrats, policiers et autres intervenants censés gérer le vivre ensemble en sécurité et en paix, ici chez nous et dans le monde. Nous pensons tout particulièrement à ceux et celles qui doivent trouver et discerner, juger et sanctionner les dysfonctionnements, fautes et lacunes qui sont à la source de la tragédie de Crans-Montana.

Ainsi nous te prions aussi pour les fautifs, et pour nous, là où nous commettons des fautes. Pardonne, Seigneur, pardonne-nous nos offenses, nos agressions, nos violences, nos silences et nos omissions. Même Hérode a besoin de ta miséricorde.

Tu offres, aujourd’hui, Seigneur ; tu t’offres.

Nous te prions pour ceux et celles qui rendent services, qui sont là, qui cheminent avec …, qui travaillent pour …, qui fabriquent, plantent et entretiennent, les paysans, paysannes, ouvriers, ouvrières et artisans dans nos usines, leurs chefs, les entreprises et les administrations, qui écoutent et consolent, travaillent avec les enfants, les jeunes, les personnes dépendantes, nous te prions pour les proches aidants, les enseignants et éducateurs, éducatrices, les parents et grand-parents, voisins et voisines … les bergers, les Josephs et Maries, Simeons et Annes de notre temps. Que les jeunes et familles blessés aient l’accompagnement dont ils ont besoin. Et nous, les vieux, nous pouvons prier pour eux.

Tu cherches, aujourd’hui, Seigneur.

Nous te prions pour tous ceux et celles qui cherchent et recherchent, les scientifiques, chercheurs, ingénieurs, artistes et penseurs, philosophes, mages et savants : nous avons besoin d’éclairages pour traverser les défis devant lesquels l’humanité se trouvent en cette année 2026.

Tu crois, Seigneur, et tu es vivant.

Tu crois en nous, les humains, en nos talents et dons, en notre courage, notre entendement et notre raison, imagination et créativité, notre empathie et solidarité, tu nous soutiens et nous aides, tu crois en nous qui croyons à toi, notre Dieu et Père et Mère.

Armin Kressmann 2026

Saint-Martin Vevey – Psaume 1 « Il est comme un arbre planté près d’un courant d’eau »

Psaume 1:1-3 (Segond 1910)

1 Heureux l’homme

Qui ne marche pas selon le conseil des méchants,

Qui ne s’arrête pas sur la voie des pécheurs,

Et qui ne s’assied pas en compagnie des moqueurs,

2 Mais qui trouve son plaisir dans la loi de l’Éternel,

Et qui la médite jour et nuit !

3 Il est comme un arbre planté près d’un courant d’eau,

Qui donne son fruit en sa saison,

Et dont le feuillage ne se flétrit point :

Tout ce qu’il fait lui réussit.

Contexte biblique :

Ce psaume trace un contraste fort entre le juste, enraciné dans la loi de Dieu, et le méchant, comparé à la paille emportée par le vent. L’image de l’arbre près d’un cours d’eau évoque la stabilité, la fécondité et la prospérité spirituelle. L’arbre ne dépend pas des circonstances extérieures : il puise constamment sa vie dans l’eau — symboliquement, la Parole de Dieu.

Saint-Martin Vevey – Psaume 92 « Je te célébrerai sur le luth à dix cordes »

Psaume 92:2-4 (Segond 1910)

2 Il est bon de louer l’Éternel,

De célébrer ton nom, ô Très-Haut !

3 D’annoncer le matin ta bonté,

Et ta fidélité pendant les nuits,

4 Sur l’instrument à dix cordes et sur le luth,

Aux sons de la harpe.

Contexte biblique :

Le Psaume 92 est un chant pour le jour du sabbat. C’est un psaume de louange qui célèbre la fidélité de Dieu et la joie que procure sa présence. Il commence par une exhortation à louer Dieu avec des instruments de musique, y compris le luth à dix cordes. L’idée ici est que la musique, tout comme la parole, est un moyen d’exprimer la reconnaissance envers Dieu.

L’instrument à dix cordes évoque une louange riche et harmonieuse, probablement avec un psaltérion ou un luth utilisé dans la liturgie du Temple.

Événement passé : Psaume 2025 – Un tableau prière à Sainte Claire Vevey

En ce début de l’année 2025 un tableau de l’artiste veveysan Armin Kressmann invite les visiteurs et visiteuses de l’église Sainte-Claire à méditer sur l’avenir, le sien et celui du tel qu’il est aujourd’hui. Il est accompagné d’une prière qui s’inscrit dans la tradition des psaumes bibliques :

Quelles couleurs, Seigneur, aura cette année 2025 ? Sombres ?

Sur fond blanc. Innocence. Ils meurent, les innocents.

Coulpe, culpabilité. Craintes. Angoisses. Impuissance. Noir.

Impuissance règne face au déchaînement des puissants. Coupables. Tous coupables.

Folie. Violences. Noir.

Je suis tourmenté. Colère. Indignation.

Coupable. Moi aussi.

Fragilité. Vulnérabilité. Impuissance. Noir.

Empathie, douleurs. Souffrances. Folie.

Une année noire ?

Paix ? Oui, paix. Paix ! Mais quelle paix ? Juste paix, une paix juste. Bleu ?

Résistance. Rouge.

Et le vert ? Création disons-nous, avec toi Seigneur. Vie. Toute vie.

Que faire, que puis-je faire ?

Couleurs. Y mettre mes couleurs. C’est ce que tu proposes ?

Rouge. Rouge d’abord. Ta couleur, Seigneur ? Rouge, aussi.

Comme le sang ? Comme la colère ?

Tu te tais. Éclipse. Absence ? Silence. Présence, cachée ? Violet, violence.

Confiance et foi, foi est confiance et confiance est foi.

Tout est dit : « Ma grâce te suffit. » Ocre doré.

La terre. L’humanité.

Je veux bien, moi. M’en satisfaire. Mais cela ne suffit pas.

Tu le sais, Seigneur. Si !

Pas de pardon. Le pardon est un leurre. Répondre. Responsabilité.

Croix. Sans résurrection. Le tombeau est vide. Ça suffit. Le reste est foi.

Responsables, avec toi, Seigneur. Soyons solidaires.

Avec toi, impuissants comme nous le sommes, sans toi.

Tes enfants meurent, Seigneur.

Et l’Église ? Occupée par elle-même.

Sortir. Peindre. Prier. Persévérer.

Se tourner vers autrui. « L’autre est ton salut. »

L’autre, avec toi, mon Alter ego. Regarde.

Aimer l’ennemi ? Aussi.

Le prochain ne suffit pas. Toi non plus, Seigneur. L’amour. Dépasser l’amour.

Folie, une autre folie. Queer, au-delà du queer. Woke, au-delà du woke. Radical, au-delà du radical.

Assumer le noir. L’aimer, lui aussi.

La vie, toute la vie, toute vie.

Lumière, pour que les couleurs éclatent.

Veux-tu être appelé bon ?

Que les couleurs éclatent ! L’emportent sur l’obscurité.

Que la lumière soit. Ta lumière. Ta lumière ?

Oui, ta lumière, ma lumière.

Je t’aime.

Armin Kressmann 2024