Poésie, création. Art, articulation et harmonie, rite et passage. Changer. Changer de vision. Voir avec la main. Elle est œil qui touche. Elle voit, connaît, peut reconnaître et aimer. Connaître est aimer. La main crée, construit et fabrique. Elle imagine. Elle change le monde. Son regard est tendresse, son toucher caresse. Reconnaisse de soi-même en l’autre. Prendre est comprendre. Pour que son salut guérisse et dessine un monde meilleur, il faut qu’elle s’ouvre et regarde, offre et bénisse. La main, souffle créateur, souffle de vie. La main. Les mains. Quand je suis touché, je sais que je suis. Et qui je suis. Autrement, meilleur. Aimé. Reconnu. Connu. La main trace. Elle dessine ma vie. Je vois et je dessine, donc je suis. La main me dit ; j’existe. L’autre, qui est-il ? Un autre moi-même. Prise sans emprise. Conversion, face à Dieu. Visage d’autrui. L’autre un moi-même comme moi. Face de Dieu. Juste un toucher. Juste un regard. Brise, souffle, éphémère. Dans un corps qui lutte. La main. Toi. Touche ; pour que je sois touché. Vivant.
« Les ténèbres couvrent la terre et un brouillard, les cités, mais sur toi le SEIGNEUR va se lever et sa gloire, sur toi, est en vue.» dit le prophète Esaïe.
Un paradoxe.
Un paradoxe est une proposition qui contient une contradiction logique, – une chose est vraie, et son contraire l’est aussi -, une absurdité, un énoncé qui va contre le sens commun.
La bible est pleine de contradictions : croix et résurrection, condamnation et salut, Loi et Évangile, le mal et le bien, la mort et la vie.
Dieu est plein de contradictions, et d’absurdité :
Plainte et complainte sont légitimes, des lamentations.
« Les ténèbres couvrent la terre et un brouillard, les cités, … mais sur toi le SEIGNEUR va se lever et sa gloire, sur toi, est en vue. »
Quelle est votre étoile ? Quelle est votre crèche ?
Aujourd’hui la crèche, – un non-lieu pour un nouveau-né -, s’appelle Crans-Montana, où dans la fragilité de la vie, Dieu a pris le visage de ces jeunes, et de leurs familles, blessés, meurtris par et dans la tragédie.
Avec eux, les crèches du monde se manifestent encore une fois, ne pensons qu’à l’Ukraine, la Russie, Gaza et Israël, l’Iran, le Soudan ou d’autres pays en Afrique, ou en Asie.
Aujourd’hui, elle est plus proche, la crèche, juste à côté, alors cela nous touche encore davantage.
Et encore une fois nous devons rentrer chez nous par un autre chemin, parce que la rencontre avec Dieu a changé le destin, le cours de l’histoire, et nous avec lui.
Ainsi l’Épiphanie, joie immense des mages après avoir vu le salut, veut aujourd’hui dire : prière et repentance, pénitence … Jeûne fédéral … donc aussi, paradoxe, contradiction, … et action de grâce.
Action de grâce ? Oui, la solidarité et l’empathie apportées par les nombreux intervenants directs, mais aussi l’empathie que nous ressentons et exprimons chacun, chacune d’entre nous en ces moments et situations de fragilité … manifestent … sont action de grâce,
… expression d’un amour qui nous dépasse et en qui nous pouvons reconnaître l’amour de Dieu, Dieu fragile, nouveau-né, dans la crèche de la nouvelle année.
A lui, remettons les jeunes affectés par la tragédie de Crans-Montana, et leurs familles,
à lui remettons tous les enfants et tous les jeunes affectés par la violence de la vie,
à lui, l’amour de Dieu, remettons cette nouvelle année 2026 …
« Mets toi debout et deviens lumière, car elle arrive, ta lumière …Porte tes regards sur les alentours et vois : tous, ils se rassemblent, ils viennent vers toi, tes fils vont arriver du lointain, et tes filles sont tenues solidement sur la hanche. » … paroles du prophète Esaïe.
Est-ce que vous faites partie du petit nombre de ceux et celles qui n’ont pas de préjugés face à des personnes en situation de handicap, physique, psychique, mental ?
Si oui, vous faites partie des heureux, la sainteté vous a touché. Transmettez le trésor qui vous habite.
Si non, vous êtes comme moi et la grande majorité de nos contemporains. Nous avons besoin de faire un long chemin pour ne pas seulement voir et comprendre que ces personnes sont comme nous, mais aussi et surtout pour changer de comportement et être prêts à cheminer et vivre avec elles comme nous le faisons entre nous, les « normaux ».
La suite d’expositions que nous vous proposons à Sainte-Claire en ce début d’année et jusqu’après Pâques, « L’autre, qui est-il ? », veut nous aider à changer de vision : dans le monde du handicap il y a autant d’artistes qu’ailleurs, dans le monde du handicap il autant de dons et talents qu’ailleurs, et il n’y a pas d’institution où il n’y a pas des artistes.
A travers l’art, laissons se transformer nos imaginations, nos représentations et projections, et faisons un bout de chemin vers un nouveau vivre ensemble.
Art et Foi ? Foi en qui, foi en quoi ?
L’autre, qui est-il pour vous ? Un humain comme vous ?
Et si la vieille question d’une justice rétributive, – à qui la faute ? -, avait juste pris une forme nouvelle ?
Sinon, d’où toutes ces discriminations, exclusions ? Et l’enfermement, l’avons-nous dépassé ?
Au début, pas tout à fait, parce qu’avant tout commencement, il y a déjà une histoire …
Ici, c’est celle d’Élisabeth et Zacharie… et l’histoire de bien d’autres avant eux.
Jean, il jouera un rôle important, le lien, entre ceux qui était et ce qui sera.
Nous nous inscrivons toujours dans une histoire.
Nous sommes tous et toutes invités à faire le lien, un lien de paix.
Mais dans notre histoire, l’histoire commence avec Marie et Joseph.
Et ce début est déjà compliqué, comme est compliquée la vie de tous les couples, comme est compliquée toute histoire de famille.
Marie tombe enceinte et la paternité de l’enfant n’est pas claire.
Heureusement, un ange, – Gabriel, homme de Dieu -, arrange les choses.
C’est donc Dieu, son Esprit, qui arrange les choses ; Dieu assume lui-même.
Parce que, pour que l’enfant ne porte pas le poids de l’histoire de ses parents, toute maman doit être vierge, quoi qui lui arrive.
Dieu couvre l’histoire compliquée de nos familles.
Dans notre histoire, le politique s’en mêle aussi.
Sur ordre du pouvoir, d’Auguste, l’empereur de Rome, Joseph avec Marie, – qui est enceinte, n’oublions pas tous ces enfants qui sont exposés au turbulences de l’histoire des puissants -, de Nazareth le couple doit monter à Bethléem, à la maison du pain.
Parce que Joseph est de la famille de David … C’est une longue histoire de famille.
Nous, nous voulons les accompagner, Joseph et Marie …
Dans l’anonymat de la foule, il n’y a pas de lieu pour eux.
Dans la foule, quelle est ma place ?
Juste une étable, et une mangeoire, – un non-lieu ? -, pour le nouveau-né : Jésus.
« Emmanuel, Dieu parmi nous », c’est ainsi que le prophète l’avait annoncé.
Un bébé, Dieu parmi nous !
L’histoire se répand, un ange, – toujours les anges -, s’adresse aux gens les plus simples, à des bergers et leur troupeau ; pendant la nuit.
Un ange, des anges : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux et sur la terre paix ».
Allons donc à la maison du pain, à la maison de paix.
Et toujours la mangeoire ! Trois fois déjà.
De quoi se nourrir ?
Chants et louange.
Cependant, manque quelque chose, ou plutôt quelqu’un …
Les mages … Une autre histoire.
Une étoile …
Et l’âne et le bœuf ?
Épiphanie : dans notre vie, la tienne, la mienne, celle de toute créature,
Dimanche 2 novembre 2025, puis tout au long du mois de novembre
Notre monde est en souffrance. Des guerres, des violences, la haine, des injustices, des discriminations, des abus, des maltraitances, des exclusions, des calomnies, des persécutions, la pauvreté, la faim et les famines, des pollutions, des excès, tout ce que l’homme impose à l’homme, à toute autre créature et à la nature. Et ne parlons pas des catastrophes naturelles, des maladies, des handicaps et des peines dont l’origine nous échappe souvent.
La croix en est un signe universel.
Elle nous renvoie à l’essentiel, quelle que soit notre foi. Mystère, de la vie et de la mort.
Le christianisme protestant l’exprime à sa manière et le dimanche de la Réformation, le 2 novembre en cette année 2025, est une occasion d’y réfléchir.
Solus Christus – sola scriptura
Les principes ou fondamentaux de la Réformation protestante
(encyclopédie Wikipédia adaptée)
Christ seul (solus Christus) La foi n’est pas une œuvre, mais la communion avec Dieu en Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai homme.
La Bible seule (sola scriptura) La Bible (Ancien et Nouveau Testaments) est l’autorité souveraine en matière de foi et de vie.
La foi seule (sola fide) La foi naît de la rencontre de l’être humain avec Dieu.
La grâce seule (sola gratia) La grâce est l’amour gratuit de Dieu pour l’humanité, pleinement accompli et manifesté en Jésus-Christ. Indépendamment de ses mérites, l’être humain est déjà sauvé dans la foi en lui. Cette confiance de Dieu le rend responsable. Ainsi aimé, l’homme est apte à aimer son prochain.
À Dieu seul la gloire (soli Deo gloria) Rien n’est sacré ou absolu en dehors de Dieu unique et créateur.
Des Églises toujours à réformer (ecclesia semper reformanda) Les Églises rassemblent, par la prédication, le baptême et la cène, tous celles et ceux qui se reconnaissent dans le Dieu de Jésus-Christ. Elles ne servent pas d’intermédiaires entre les fidèles et Dieu (il n’y a pas de prêtres). Elles non plus ne sont ni sacrées ni absolues. Communautés humaines, elles évoluent sans cesse au rythme de l’humanité et doivent toujours se confronter à nouveau à la Parole de Dieu à travers leur lecture de la Bible.
Le sacerdoce universel des croyants La prêtrise du Christ est unique et non transmissible, sinon à tous. Chaque baptisé.e a sa propre place dans l’Église (selon ses dons ou charismes) ; la ou le pasteur.e (ou diacre) n’est pas un personnage au-dessus des autres, ni plus près de Dieu, mais celle ou celui à qui sa vocation et sa formation théologique permettent, au nom de la communauté, d’animer celle-ci par la Parole de Dieu. Le témoignage de la foi et de l’engagement dans le monde est donc la mission de tous les membres de l’Église.
Art et Foi à Sainte-Claire Vevey – Le bien et le malArt et Foi à Sainte-Claire Vevey – Le bien et le malArt et Foi à Sainte-Claire Vevey – Le bien et le malArt et Foi à Sainte-Claire Vevey – Le bien et le malArt et Foi à Sainte-Claire Vevey – Le bien et le mal
Le bien
Le bien, pourquoi ? Parce que le mal, partout.
Le bien, il porte un visage : moi, toi, lui, elle, nous, eux.
Regarde. Le bien, partout.
Et Dieu, le « bon », devant le bien ?
La question du bien est la question de Dieu ; elles sont identiques.
Le bien est en Dieu comme un en Dieu.
Dieu se reflète dans le face à face avec autrui comme personne.
Le bien subi est le bonheur de l’homme.
Le bien commis est le bonheur de Dieu.
Dans le face à face en Jésus Christ Dieu est personne, ultime.
Bienfait à la personne, toute personne, est bienfait à Dieu.
Le bien est personnalisation, « empowerment », subi ou commis.
En Christ, Dieu s’expose au bien.
Dieu vulnérable, « bon ».
Quand le bien prend visage, commis, il est Samaritain, subi blessé.
Le bien radical est Dieu, face à face.
Sur la croix, en Jésus Christ, Dieu manifeste le bien.
Le bien sur le visage du Christ.
Le bien en Dieu comme un en Dieu est désormais bien hors Dieu.
À la foi, la foi du bien vainqueur du mal, et de la mort, notre foi, comment lui donner visage ?
Faire le bien, hors Dieu, et ainsi rendre grâce, à Dieu.
« Seigneur, quand nous est-il arrivé de te voir … »
Le mal
Le mal, pourquoi ? Pourquoi moi, toi, lui, elle, nous, eux ?
Le mal, il porte un visage : moi, toi, lui, elle, nous, eux.
Regarde. Le mal, partout.
Et Dieu, le « tout-puissant », devant le mal ?
La question du mal est la question de Dieu ; elles sont identiques.
Le mal est en Dieu comme un hors Dieu.
Dieu se reflète dans le face à face avec autrui comme personne.
Le mal subi est l’épreuve de l’homme ; c’est l’homme qui est éprouvé.
Le mal commis est l’épreuve de Dieu ; c’est Dieu qui est éprouvé.
Dans le face à face en Jésus Christ Dieu est personne, ultime.
Atteinte à la personne, toute personne, est atteinte à Dieu.
Le mal est dépersonnalisation, subie ou commise.
En Christ, Dieu s’expose au mal commis ; il le subit.
Dieu vulnérable, « impuissant ».
Quand le mal prend visage, commis, il est bourreau, subi victime.
Le mal radical est anéantir autrui face à face.
Sur la croix, en Jésus Christ, Dieu se laisse dépersonnaliser.
Le mal sur le visage du Christ.
Le mal en Dieu comme hors Dieu est désormais mal en Dieu.
Dans le langage de l’Église Dieu prend le mal, notre mal, sur lui.
Le mal, il est ainsi vaincu, croyons-nous, disons-nous.
À la foi, la foi du mal vaincu, notre foi, comment lui donner visage ?
Vaincre le mal, en Dieu.
« Vous avez appris : tu ne commettras pas de meurtre ; celui qu commettra un meurtre en répondra au tribunal. Et moi j vous le dis : quiconque se met en colère contre son frère, sa sœur, en répondra au tribunal ; celui qui dira à son frère, sa sœur : ‘Imbécile’ sera justifiable du Sanhédrin ; celui qui dira : ‘Fou’ sera passible de la géhenne au feu. »