Mardi 3 février 2026, le premier volet de la suite des expositions « L’AUTRE? Comment rendre visible l’invisible? », Imaginations, arrive au bout ; ça vaut une visite à l’église Sainte-Claire à Vevey
Imagination I : imagination reproductrice – photos de mains de résidents, résidentes et travailleurs de la Cité du Genévrier
Décembre 2025 – Janvier 2026 : Armin Kressmann, depuis un mois je passe une fois par semaine dans un atelier créatifs pour prendre des photos de mains en travail
Janvier 2026 : exposition des photos de mains dans l’église Sainte-Claire
Croquis, donc dessins rapides de portraits au tea-room et dans les ateliers
Depuis le premier février dessins plus élaborés en vue de l’étape Imaginations IV
Est-ce que vous faites partie du petit nombre de ceux et celles qui n’ont pas de préjugés face à des personnes en situation de handicap, physique, psychique, mental ?
Si oui, vous faites partie des heureux, la sainteté vous a touché. Transmettez le trésor qui vous habite.
Si non, vous êtes comme moi et la grande majorité de nos contemporains. Nous avons besoin de faire un long chemin pour ne pas seulement voir et comprendre que ces personnes sont comme nous, mais aussi et surtout pour changer de comportement et être prêts à cheminer et vivre avec elles comme nous le faisons entre nous, les « normaux ».
La suite d’expositions que nous vous proposons à Sainte-Claire en ce début d’année et jusqu’après Pâques, « L’autre, qui est-il ? », veut nous aider à changer de vision : dans le monde du handicap il y a autant d’artistes qu’ailleurs, dans le monde du handicap il autant de dons et talents qu’ailleurs, et il n’y a pas d’institution où il n’y a pas des artistes.
A travers l’art, laissons se transformer nos imaginations, nos représentations et projections, et faisons un bout de chemin vers un nouveau vivre ensemble.
Art et Foi ? Foi en qui, foi en quoi ?
L’autre, qui est-il pour vous ? Un humain comme vous ?
Et si la vieille question d’une justice rétributive, – à qui la faute ? -, avait juste pris une forme nouvelle ?
Sinon, d’où toutes ces discriminations, exclusions ? Et l’enfermement, l’avons-nous dépassé ?
C’était en octobre de l’année passée ; le temps passe, aujourd’hui, en ce début de l’année 2026, la réalisation dépasse le projet, la réalité l’imaginaire … la mise en forme transforme le concept, ce concept-ci, ce qui confirme le fait que l’art peut changer le monde. Changera-t-il aussi notre regard sur le handicap … la suite le con- ou infirmera. Allez regarder sur place, à l’église Sainte-Claire Vevey. Ici vous pouvez suivre son évolution.
« Imaginations » Ateliers, expositions et autres événements
Projet Cité du Genévrier – Église Sainte-Claire Vevey (« Église ouverte » ; tous les jours) ; deux institutions – une rencontre avec le monde
Imagination II : imagination productrice – dessins et peintures ateliers Cité
Février 2026 : exposition de dessins et de peintures faits dans les ateliers créatifs dans l’église Sainte-Claire
Exposition et ateliers de dessin de portraits de résidents, résidentes et collaborateurs, collaboratrices par Armin Kressmann à la Cité : « Humains entre humains »
Imagination III : imagination malmenée – temps de la Passion (Carême)
Mars 2026 : exposition – installation à l’église Sainte-Claire ; face aux préjugés ; exclusion et discrimination
Imagination IV : imagination réparatrice – portraits – temps de Pâques
Avril 2026 : exposition des portraits créés par Armin Kressmann à l’église Sainte-Claire ;
« Humains entre humains »
Imagination V : l’œuvre… l’ensemble… cheminement, traces… L’Esprit – Pentecôte – un concert avec portraits des auditeurs
Mai 2026 : résumé et présentation du cheminement fait
Toute personne prise en portrait tout au long des différents événements recevra son portrait
Poésie, création. Art, articulation et harmonie, rite et passage. Changer. Changer de vision. Voir avec la main. Elle est œil qui touche. Elle voit, connaît, peut reconnaître et aimer. Connaître est aimer. La main crée, construit et fabrique. Elle imagine. Elle change le monde. Son regard est tendresse, son toucher caresse. Reconnaisse de soi-même en l’autre. Prendre est comprendre. Pour que son salut guérisse et dessine un monde meilleur, il faut qu’elle s’ouvre et regarde, offre et bénisse. La main, souffle créateur, souffle de vie. La main. Les mains. Quand je suis touché, je sais que je suis. Et qui je suis. Autrement, meilleur. Aimé. Reconnu. Connu. La main trace. Elle dessine ma vie. Je vois et je dessine, donc je suis. La main me dit ; j’existe. L’autre, qui est-il ? Un autre moi-même. Prise sans emprise. Conversion, face à Dieu. Visage d’autrui. L’autre un moi-même comme moi. Face de Dieu. Juste un toucher. Juste un regard. Brise, souffle, éphémère. Dans un corps qui lutte. La main. Toi. Touche ; pour que je sois touché. Vivant.
Au début, pas tout à fait, parce qu’avant tout commencement, il y a déjà une histoire …
Ici, c’est celle d’Élisabeth et Zacharie… et l’histoire de bien d’autres avant eux.
Jean, il jouera un rôle important, le lien, entre ceux qui était et ce qui sera.
Nous nous inscrivons toujours dans une histoire.
Nous sommes tous et toutes invités à faire le lien, un lien de paix.
Mais dans notre histoire, l’histoire commence avec Marie et Joseph.
Et ce début est déjà compliqué, comme est compliquée la vie de tous les couples, comme est compliquée toute histoire de famille.
Marie tombe enceinte et la paternité de l’enfant n’est pas claire.
Heureusement, un ange, – Gabriel, homme de Dieu -, arrange les choses.
C’est donc Dieu, son Esprit, qui arrange les choses ; Dieu assume lui-même.
Parce que, pour que l’enfant ne porte pas le poids de l’histoire de ses parents, toute maman doit être vierge, quoi qui lui arrive.
Dieu couvre l’histoire compliquée de nos familles.
Dans notre histoire, le politique s’en mêle aussi.
Sur ordre du pouvoir, d’Auguste, l’empereur de Rome, Joseph avec Marie, – qui est enceinte, n’oublions pas tous ces enfants qui sont exposés au turbulences de l’histoire des puissants -, de Nazareth le couple doit monter à Bethléem, à la maison du pain.
Parce que Joseph est de la famille de David … C’est une longue histoire de famille.
Nous, nous voulons les accompagner, Joseph et Marie …
Dans l’anonymat de la foule, il n’y a pas de lieu pour eux.
Dans la foule, quelle est ma place ?
Juste une étable, et une mangeoire, – un non-lieu ? -, pour le nouveau-né : Jésus.
« Emmanuel, Dieu parmi nous », c’est ainsi que le prophète l’avait annoncé.
Un bébé, Dieu parmi nous !
L’histoire se répand, un ange, – toujours les anges -, s’adresse aux gens les plus simples, à des bergers et leur troupeau ; pendant la nuit.
Un ange, des anges : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux et sur la terre paix ».
Allons donc à la maison du pain, à la maison de paix.
Et toujours la mangeoire ! Trois fois déjà.
De quoi se nourrir ?
Chants et louange.
Cependant, manque quelque chose, ou plutôt quelqu’un …
Les mages … Une autre histoire.
Une étoile …
Et l’âne et le bœuf ?
Épiphanie : dans notre vie, la tienne, la mienne, celle de toute créature,
Comment représenter la foi protestante réformée ? Selon la tradition une entreprise impossible : autrement que par l’incarnation, la Parole ne peut pas être rendue visible. Toute autre représentation risque l’idolâtrie ; le protestantisme, notamment réformée, est iconoclaste. Cependant, deux petites installations actuellement présentées à l’église Sainte-Claire à Vevey y parviennent : « Solus Christus, sola scriptura – La parole crucifiée » et « La croix en personne ». La première œuvre est très simple, juste une bible clouée sur la parois. Mais pas n’importe quelle bible : c’est ma bible de travail quand j’étais étudiant en théologie dans les années huitante à l’université de Lausanne. La seconde œuvre est composée de trois dessins reprenant d’une manière très stylisée la mandorle de l’Église évangélique réformée du canton Vaud (EERV) d’antan, la colombe du saint Esprit plongeant dans la coupe de la sainte cène, formant avec les deux mots « Qui » et « moi » une croix. Plus limpide ne se laisse pas résumer la foi chrétienne ; là où la parole peine. Imagination productrice dirait Paul Ricoeur (L’imagination, Seuil 2024).
Dimanche 2 novembre 2025, puis tout au long du mois de novembre
Notre monde est en souffrance. Des guerres, des violences, la haine, des injustices, des discriminations, des abus, des maltraitances, des exclusions, des calomnies, des persécutions, la pauvreté, la faim et les famines, des pollutions, des excès, tout ce que l’homme impose à l’homme, à toute autre créature et à la nature. Et ne parlons pas des catastrophes naturelles, des maladies, des handicaps et des peines dont l’origine nous échappe souvent.
La croix en est un signe universel.
Elle nous renvoie à l’essentiel, quelle que soit notre foi. Mystère, de la vie et de la mort.
Le christianisme protestant l’exprime à sa manière et le dimanche de la Réformation, le 2 novembre en cette année 2025, est une occasion d’y réfléchir.
Solus Christus – sola scriptura
Les principes ou fondamentaux de la Réformation protestante
(encyclopédie Wikipédia adaptée)
Christ seul (solus Christus) La foi n’est pas une œuvre, mais la communion avec Dieu en Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai homme.
La Bible seule (sola scriptura) La Bible (Ancien et Nouveau Testaments) est l’autorité souveraine en matière de foi et de vie.
La foi seule (sola fide) La foi naît de la rencontre de l’être humain avec Dieu.
La grâce seule (sola gratia) La grâce est l’amour gratuit de Dieu pour l’humanité, pleinement accompli et manifesté en Jésus-Christ. Indépendamment de ses mérites, l’être humain est déjà sauvé dans la foi en lui. Cette confiance de Dieu le rend responsable. Ainsi aimé, l’homme est apte à aimer son prochain.
À Dieu seul la gloire (soli Deo gloria) Rien n’est sacré ou absolu en dehors de Dieu unique et créateur.
Des Églises toujours à réformer (ecclesia semper reformanda) Les Églises rassemblent, par la prédication, le baptême et la cène, tous celles et ceux qui se reconnaissent dans le Dieu de Jésus-Christ. Elles ne servent pas d’intermédiaires entre les fidèles et Dieu (il n’y a pas de prêtres). Elles non plus ne sont ni sacrées ni absolues. Communautés humaines, elles évoluent sans cesse au rythme de l’humanité et doivent toujours se confronter à nouveau à la Parole de Dieu à travers leur lecture de la Bible.
Le sacerdoce universel des croyants La prêtrise du Christ est unique et non transmissible, sinon à tous. Chaque baptisé.e a sa propre place dans l’Église (selon ses dons ou charismes) ; la ou le pasteur.e (ou diacre) n’est pas un personnage au-dessus des autres, ni plus près de Dieu, mais celle ou celui à qui sa vocation et sa formation théologique permettent, au nom de la communauté, d’animer celle-ci par la Parole de Dieu. Le témoignage de la foi et de l’engagement dans le monde est donc la mission de tous les membres de l’Église.
« Qui n’est pas contre vous est pour vous. … Qui n’est pas avec moi est contre moi. »,
… deux énoncés de Jésus qui se retrouvent dans l’évangile selon Luc, chapitres 9 et 11, apparemment contradictoires, mais qui tracent les limites de la tolérance :
ce qui se fait à l’intérieur de la foi et des valeurs qu’elle défend est reçu ;
est récusé ce qui met en péril la foi, conteste son fondement, Jésus Christ lui-même.
Prenons une image : la démocratie supporte tout, sauf la mise en cause de la démocratie et de ses valeurs fondamentales.
Chasser les mauvais esprits, au nom du Christ, quelque soit notre foi, mais pas faire du Christ lui-même un mauvais esprit, donc casser tout lien possible avec lui. La chute.
Je peux être athée, mais pas diaboliser Dieu.
L’installation de Leah Linh nous renvoie au drame d’une rupture avec ce ou celui qui fonde notre foi et donne sens à notre vie. Ange ou démon, qui sommes-nous ?
Cependant, qu’est-ce que verriez-vous dans cette œuvre si titre il n’y avait pas ?
Du 5 septembre au 12 octobre à l’église Sainte-Claire, rue du Collège Vevey
Finissage avec visite guidée en présence de l’artiste Leah Linh, dimanche 12 octobre 14h
Installation monumentale de l’artiste vaudoise Leah Linh, « La Chute des Anges » convoque des matériaux abandonnés à la charge symbolique forte dans une esthétique à la fois brute et poétique. Elle interroge notre quête de sens dans une époque d’instabilités et de crises politiques et écologiques.
Vernissage-concert le vendredi 5 septembre 18h30
Le programme du concert s’articule comme un dialogue entre l’orgue et un trio constitué d’une flûte, d’un saxophone et d’un piano. Il allie répertoire contemporain et baroque, invitant l’auditeur à un voyage sonore hors du temps.
OEuvres de Jean-Sébastien Bach, John Cage, Peter Ablinger et Kevin Juillerat Flûte : Susanne Peters Saxophone : Kevin Juillerat Piano : Gilles Grimaître Orgue : Vincent Thévenaz