Ecce homo – Art et Foi à Sainte-Claire Vevey – Comment rendre visible l’invisible ? La résurrection ?

Pâques, après la crucifixion, événement radicalement manifeste, la résurrection est un « non-événement », dans le sens que rien n’est à voir, … sauf le tombeau vide. D’où, dans la tradition protestante réformée, dans nos église la croix n’est pas « habitée », il n’y a pas le corps du crucifié. Rendre visible l’invisible, le mystère de la résurrection, est donc une aventure mystique, on pourrait aussi dire problématique.

Actuellement, dans le cadre de l’exposition « L’AUTRE ? Comment rendre visible l’invisible ? », se trouve à l’église Sainte-Claire de Vevey une tentative de visualiser l’invisible de la résurrection, ou de la crucifixion, comme élévation dans la tradition de l’évangile selon Jean. Une œuvre « figurative abstraite », respectant la tradition protestante réformée. Elle s’inscrit ainsi dans le projet « Art et Foi à Sainte-Claire » qui relève le défi de communiquer l’évangile pas seulement par la parole et le texte, mais aussi par les arts visuels et plastiques.

« En marche, vous qui êtes pauvres devant Dieu : le royaume des cieux est à vous. » (Matthieu 5,3)

A l’église Sainte-Claire de Vevey une béatitude invite les visiteurs et visiteuses à se rendre compte de notre « pauvreté » humaine, face à Dieu, puis à prendre de l’élan grâce la promesse d’être relevé. « Heureux » sommes-nous quand nous acceptons nos limites devant Dieu, son Esprit nous porte quand nous nous confions à lui, nous « pauvres en esprit » ou « pauvres de cœur » (Matthieu 5,3).

« En marche, vous qui êtes pauvres devant Dieu : le royaume des cieux est à vous. »

EERV Riviera Chemin biblique vers Pâques 2026 – Lectures quotidiennes (Esaïe, Matthieu, Jérémie et Job)

Lectures quotidiennes, du Mercredi des Cendres jusqu’au Jeudi saint ; rencontres à l’église Sainte-Claire Vevey, les jeudis 26 février, 12 et 26 mars, 19h

Mars

Lundi 2 marsEsaïe 50Matthieu 11
Mardi 3Esaïe 51Matthieu 12
Mercredi 4Esaïe 52Matthieu 13
Jeudi 5Esaïe 53Matthieu 14
Vendredi 6Esaïe 54Matthieu 15
Samedi 7Esaïe 55Matthieu 16
Lundi 9Jérémie 1Matthieu 17
Mardi 10Jérémie 2Matthieu 18
Mercerdi 11Jérémie 3Matthieu 19
Jeudi 12
19h Rencontre
Jérémie 7-8,9Matthieu 20
Vendredi 13Jérémie 10Matthieu 21
Samedi 14Jérémie 13Matthieu 22
Lundi 16Jérémie 14Matthieu 23
Mardi 17Jérémie 15Matthieu 24
Mercredi 18Jérémie 17Matthieu 25
Jeudi 19Jérémie 18Matthieu 26
Vendredi 20Jérémie 20Matthieu 27
Samedi 21Jérémie 23Matthieu 28
Lundi 23Job 1Marc 15,1-32
Mardi 24Job 2Marc 15,33-16,8
Mercredi 25Job 6Jean 18
Jeudi 26
19h Rencontre
Job 19Jean 19
Vendredi 27Job 23Jean 20
Samedi 28Job 29Luc 19
Lundi 30Job 31Luc 22
Mardi 31Job 33Luc 23
1er AvrilJob 38Luc 24
2 AvrilJob 42Jean 13

Inscription et renseignement sophie.wahli-raccaud@eerv.ch

Crans-Montana 2026 – Sainte-Claire Vevey – Une méditation – Epiphanie (Matthieu 2,1-12 ; Esaïe 60,1-6)?

Lien vers une prière : 2026, ton année Seigneur ?

Lien vers une autre prière : Psaume 2026

« Les ténèbres couvrent la terre et un brouillard, les cités, mais sur toi le SEIGNEUR va se lever et sa gloire, sur toi, est en vue.» dit le prophète Esaïe.

Un paradoxe.

Un paradoxe est une proposition qui contient une contradiction logique, – une chose est vraie, et son contraire l’est aussi -, une absurdité, un énoncé qui va contre le sens commun.

La bible est pleine de contradictions : croix et résurrection, condamnation et salut, Loi et Évangile, le mal et le bien, la mort et la vie.

Dieu est plein de contradictions, et d’absurdité :

Pourquoi ça, Seigneur ? Pourquoi moi, pourquoi eux ? Si jeunes !

La vie … est pleine de contradictions, et d’absurdité.

Épiphanie, apparition, Dieu parmi nous :

des mages, dont nous avons fait des rois, de l’or, de la myrrhe et de l’encense, … face à la pauvreté de la crèche,

Jérusalem, la Grande, … et Bethléem, la petite, insignifiante,

Hérode, le Grand, … et un nouveau-né, petit lui aussi …

Emmanuel, le salut parmi nous, … et le massacre des enfants, qui suit immédiatement à notre épisode du jour …

Une année nouvelle, la fête, l’espoir, la vie nouvelle, la joie qui est immense …

… et le feu et la mort qui frappent sans distinction.

Seigneur, je ne suis pas d’accord …

Le suis-je avec toi, en désaccord, ne suis-je pas d’accord avec toi ?

Job, … contre Abraham.

… « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonnée ? »

Plainte et complainte sont légitimes, des lamentations.

« Les ténèbres couvrent la terre et un brouillard, les cités, … mais sur toi le SEIGNEUR va se lever et sa gloire, sur toi, est en vue. »

Quelle est votre étoile ? Quelle est votre crèche ?

Aujourd’hui la crèche, – un non-lieu pour un nouveau-né -, s’appelle Crans-Montana, où dans la fragilité de la vie, Dieu a pris le visage de ces jeunes, et de leurs familles, blessés, meurtris par et dans la tragédie.

Avec eux, les crèches du monde se manifestent encore une fois, ne pensons qu’à l’Ukraine, la Russie, Gaza et Israël, l’Iran, le Soudan ou d’autres pays en Afrique, ou en Asie.

Aujourd’hui, elle est plus proche, la crèche, juste à côté, alors cela nous touche encore davantage.

Et encore une fois nous devons rentrer chez nous par un autre chemin, parce que la rencontre avec Dieu a changé le destin, le cours de l’histoire, et nous avec lui.

Ainsi l’Épiphanie, joie immense des mages après avoir vu le salut, veut aujourd’hui dire : prière et repentance, pénitence … Jeûne fédéral … donc aussi, paradoxe, contradiction, … et action de grâce.

Action de grâce ? Oui, la solidarité et l’empathie apportées par les nombreux intervenants directs, mais aussi l’empathie que nous ressentons et exprimons chacun, chacune d’entre nous en ces moments et situations de fragilité … manifestent … sont action de grâce,

… expression d’un amour qui nous dépasse et en qui nous pouvons reconnaître l’amour de Dieu, Dieu fragile, nouveau-né, dans la crèche de la nouvelle année.

A lui, remettons les jeunes affectés par la tragédie de Crans-Montana, et leurs familles,

à lui remettons tous les enfants et tous les jeunes affectés par la violence de la vie,

à lui, l’amour de Dieu, remettons cette nouvelle année 2026 …

« Mets toi debout et deviens lumière, car elle arrive, ta lumière …Porte tes regards sur les alentours et vois : tous, ils se rassemblent, ils viennent vers toi, tes fils vont arriver du lointain, et tes filles sont tenues solidement sur la hanche. » … paroles du prophète Esaïe.

Armin Kressmann 2026

Saint-Martin Vevey – Psaume 1 « Il est comme un arbre planté près d’un courant d’eau »

Psaume 1:1-3 (Segond 1910)

1 Heureux l’homme

Qui ne marche pas selon le conseil des méchants,

Qui ne s’arrête pas sur la voie des pécheurs,

Et qui ne s’assied pas en compagnie des moqueurs,

2 Mais qui trouve son plaisir dans la loi de l’Éternel,

Et qui la médite jour et nuit !

3 Il est comme un arbre planté près d’un courant d’eau,

Qui donne son fruit en sa saison,

Et dont le feuillage ne se flétrit point :

Tout ce qu’il fait lui réussit.

Contexte biblique :

Ce psaume trace un contraste fort entre le juste, enraciné dans la loi de Dieu, et le méchant, comparé à la paille emportée par le vent. L’image de l’arbre près d’un cours d’eau évoque la stabilité, la fécondité et la prospérité spirituelle. L’arbre ne dépend pas des circonstances extérieures : il puise constamment sa vie dans l’eau — symboliquement, la Parole de Dieu.

Saint-Martin Vevey – Psaume 92 « Je te célébrerai sur le luth à dix cordes »

Psaume 92:2-4 (Segond 1910)

2 Il est bon de louer l’Éternel,

De célébrer ton nom, ô Très-Haut !

3 D’annoncer le matin ta bonté,

Et ta fidélité pendant les nuits,

4 Sur l’instrument à dix cordes et sur le luth,

Aux sons de la harpe.

Contexte biblique :

Le Psaume 92 est un chant pour le jour du sabbat. C’est un psaume de louange qui célèbre la fidélité de Dieu et la joie que procure sa présence. Il commence par une exhortation à louer Dieu avec des instruments de musique, y compris le luth à dix cordes. L’idée ici est que la musique, tout comme la parole, est un moyen d’exprimer la reconnaissance envers Dieu.

L’instrument à dix cordes évoque une louange riche et harmonieuse, probablement avec un psaltérion ou un luth utilisé dans la liturgie du Temple.

Événement passé : Sainte-Claire Vevey Réformation protestante – Solus Christus, sola scripture (Armin Kressmann)

Comment représenter la foi protestante réformée ? Selon la tradition une entreprise impossible : autrement que par l’incarnation, la Parole ne peut pas être rendue visible. Toute autre représentation risque l’idolâtrie ; le protestantisme, notamment réformée, est iconoclaste. Cependant, deux petites installations actuellement présentées à l’église Sainte-Claire à Vevey y parviennent : « Solus Christus, sola scriptura – La parole crucifiée » et « La croix en personne ». La première œuvre est très simple, juste une bible clouée sur la parois. Mais pas n’importe quelle bible : c’est ma bible de travail quand j’étais étudiant en théologie dans les années huitante à l’université de Lausanne. La seconde œuvre est composée de trois dessins reprenant d’une manière très stylisée la mandorle de l’Église évangélique réformée du canton Vaud (EERV) d’antan, la colombe du saint Esprit plongeant dans la coupe de la sainte cène, formant avec les deux mots « Qui » et « moi » une croix. Plus limpide ne se laisse pas résumer la foi chrétienne ; là où la parole peine. Imagination productrice dirait Paul Ricoeur (L’imagination, Seuil 2024).

Armin Kressmann 2025

Événement passé : Sainte-Claire Vevey – Solus Christus – Sola scriptura ; exposition pour le Dimanche de la Réformation EERV (Armin Kressmann)

Dimanche 2 novembre 2025, puis tout au long du mois de novembre

Notre monde est en souffrance. Des guerres, des violences, la haine, des injustices, des discriminations, des abus, des maltraitances, des exclusions, des calomnies, des persécutions, la pauvreté, la faim et les famines, des pollutions, des excès, tout ce que l’homme impose à l’homme, à toute autre créature et à la nature. Et ne parlons pas des catastrophes naturelles, des maladies, des handicaps et des peines dont l’origine nous échappe souvent.

La croix en est un signe universel.

Elle nous renvoie à l’essentiel, quelle que soit notre foi. Mystère, de la vie et de la mort.

Le christianisme protestant l’exprime à sa manière et le dimanche de la Réformation, le 2 novembre en cette année 2025, est une occasion d’y réfléchir.

Solus Christus – sola scriptura

Les principes ou fondamentaux de la Réformation protestante

(encyclopédie Wikipédia adaptée)

Christ seul (solus Christus)
La foi n’est pas une œuvre, mais la communion avec Dieu en Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai homme.

La Bible seule (sola scriptura)
La Bible (Ancien et Nouveau Testaments) est l’autorité souveraine en matière de foi et de vie.

La foi seule (sola fide)
La foi naît de la rencontre de l’être humain avec Dieu.

La grâce seule (sola gratia)
La grâce est l’amour gratuit de Dieu pour l’humanité, pleinement accompli et manifesté en Jésus-Christ. Indépendamment de ses mérites, l’être humain est déjà sauvé dans la foi en lui. Cette confiance de Dieu le rend responsable. Ainsi aimé, l’homme est apte à aimer son prochain.

À Dieu seul la gloire (soli Deo gloria)
Rien n’est sacré ou absolu en dehors de Dieu unique et créateur.

Des Églises toujours à réformer (ecclesia semper reformanda)
Les Églises rassemblent, par la prédication, le baptême et la cène, tous celles et ceux qui se reconnaissent dans le Dieu de Jésus-Christ. Elles ne servent pas d’intermédiaires entre les fidèles et Dieu (il n’y a pas de prêtres). Elles non plus ne sont ni sacrées ni absolues. Communautés humaines, elles évoluent sans cesse au rythme de l’humanité et doivent toujours se confronter à nouveau à la Parole de Dieu à travers leur lecture de la Bible.

Le sacerdoce universel des croyants
La prêtrise du Christ est unique et non transmissible, sinon à tous. Chaque baptisé.e a sa propre place dans l’Église (selon ses dons ou charismes) ; la ou le pasteur.e (ou diacre) n’est pas un personnage au-dessus des autres, ni plus près de Dieu, mais celle ou celui à qui sa vocation et sa formation théologique permettent, au nom de la communauté, d’animer celle-ci par la Parole de Dieu. Le témoignage de la foi et de l’engagement dans le monde est donc la mission de tous les membres de l’Église.

Antoine Nouis sur Regards protestants

La Réforme et la Bible – André Gounelle

Les limites de la tolérance

“Prenant la parole, Jean lui dit : « Maître, nous avons vu quelqu’un qui chassait les démons en ton nom et nous avons cherché à l’empêcher, parce qu’il ne te suit pas avec nous. » Mais Jésus dit : « Ne l’empêchez pas, car celui qui n’est pas contre vous est pour vous. »” (Luc 9,49-50 TOB)

“Jésus chassait un démon muet. Or, une fois le démon sorti, le muet se mit à parler et les foules s’émerveillèrent. Mais quelques-uns d’entre eux dirent : « C’est par Béelzéboul, le chef des démons, qu’il chasse les démons. » D’autres, pour le mettre à l’épreuve, réclamaient de lui un signe qui vienne du ciel. Mais lui, connaissant leurs réflexions, leur dit : « Tout royaume divisé contre lui-même court à la ruine et les maisons s’y écroulent l’une sur l’autre. Si Satan aussi est divisé contre lui-même, comment son royaume se maintiendra-t-il ? …  puisque vous dites que c’est par Béelzéboul que je chasse les démons. Et si c’est par Béelzéboul que moi, je chasse les démons, vos disciples, par qui les chassent-ils ? Ils seront donc eux-mêmes vos juges. Mais si c’est par le doigt de Dieu que je chasse les démons, alors le Règne de Dieu vient de vous atteindre. Quand l’homme fort avec ses armes garde son palais, ce qui lui appartient est en sécurité. Mais que survienne un plus fort qui triomphe de lui, il lui prend tout l’armement en quoi il mettait sa confiance, et il distribue ses dépouilles. Qui n’est pas avec moi est contre moi et qui ne rassemble pas avec moi disperse.” (Luc 11,14-23 TOB)

Événement passé : La Chute des Anges, une installation de Leah Linh

« Qui n’est pas contre vous est pour vous. … Qui n’est pas avec moi est contre moi. »,

… deux énoncés de Jésus qui se retrouvent dans l’évangile selon Luc, chapitres 9 et 11, apparemment contradictoires, mais qui tracent les limites de la tolérance :

ce qui se fait à l’intérieur de la foi et des valeurs qu’elle défend est reçu ;

est récusé ce qui met en péril la foi, conteste son fondement, Jésus Christ lui-même.

Prenons une image : la démocratie supporte tout, sauf la mise en cause de la démocratie et de ses valeurs fondamentales.

Chasser les mauvais esprits, au nom du Christ, quelque soit notre foi, mais pas faire du Christ lui-même un mauvais esprit, donc casser tout lien possible avec lui. La chute.

Je peux être athée, mais pas diaboliser Dieu.

L’installation de Leah Linh nous renvoie au drame d’une rupture avec ce ou celui qui fonde notre foi et donne sens à notre vie. Ange ou démon, qui sommes-nous ?

Cependant, qu’est-ce que verriez-vous dans cette œuvre si titre il n’y avait pas ?

Un ange, qu’est-ce qu’un ange pour vous ?

Armin Kressmann